Quels risques ?

La situation hydrogéologique du site GDE à Nonant-le-Pin : Les perspectives d’une catastrophe environnementale passées sous silence

Face aux carences de l’étude d’impact initiale menée par GDE en 2006 et aux questions restées sans réponses lors de l’enquête publique de 2007, les Associations Nonant-Environnement et Sauvegarde des Terres d’Elevage ont commandité une étude hydrogéologique à M. de Bretizel, hydrogéologue et membre du Comité Français d’Hydrogéologie (Retrouvez l’étude ICI). Les résultats de cette étude sont accablants pour GDE et montrent que contrairement à ce que l’entreprise avance, le site présente des risques majeurs de pollution des nappes phréatiques ; M. de Bretizel conclut même que l’implantation d’un centre de stockage des déchets à cet endroit constituerait « une action irresponsable sur le plan de l’environnement ».

En effet,

–          En termes de nature des sols, le site est constitué de silts marno-calcaires semi-imperméables, et non de marnes argileuses imperméables comme le suggère l’étude d’impact réalisée par GDE dans le cadre de la demande d’autorisation d’exploiter. GDE affirme ainsi dans sa vidéo d’entreprise qu’il existe une couche argileuse de 100 m d’épaisseur sous le site qui isolerait naturellement le site des sources d’eau potable, ce qui est faux.

–          D’un point de vue tectonique, le site est installé sur plusieurs failles, qui créent un potentiel d’infiltration d’eau important. Ce point est omis par GDE dans son étude d’impact, qui conclut qu’il n’y a pas de faille, et que l’épaisseur de marnes du Callovien supérieur est d’au moins 30 m.

Dans ces conditions, il n’existe pas de barrière passive naturelle, qui empêcherait les infiltrations d’eau dans les casiers de stockage des déchets puis leur diffusion dans le sol. Or la barrière active artificielle (géomembrane) mise en place par GDE n’a pas vocation à isoler à elle seule les casiers de stockage, mais seulement à sécuriser une barrière passive existante.

L’absence de barrière passive est d’ailleurs manifeste dans la présence d’une nappe sub-affleurante : le niveau piézométrique du site (indiquant la profondeur en dessous de laquelle le sol est saturé en eau) est de l’ordre de 2 m, et vient même affleurer en surface au voisinage du rû du Plessis, ce qui est incompatible avec la présence de terrains imperméables. L’étude d’impact de GDE affirme qu’il y aurait deux nappes phréatiques distinctes, l’une superficielle et l’autre profonde, suggérant ainsi qu’une contamination des eaux superficielles n’atteindrait pas les nappes phréatiques profondes ; il n’y a en réalité qu’une seule nappe continue, s’étendant des eaux sub-affleurantes aux eaux profondes.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le site est situé, de l’aveu même de GDE, dans une zone inondable, et qui appartient au bassin versant de la Dieuge.

Que conclure ? Contrairement à ce qu’affirme GDE, le site retenu ne présente pas les caractéristiques hydrogéologiques requises pour l’implantation d’un CSDU. Bien au contraire, il recèle tous les facteurs d’une catastrophe annoncée :

–          Inondations. Les fortes précipitations, fréquentes dans la région, vont rapidement saturer un sol déjà gorgé d’eau par la nappe sub-affleurante, entraînant des inondations à répétition des alvéoles de stockage des déchets ;

–          Pollution locale. Du fait de l’absence de barrière passive, les eaux chargées de polluants vont se mêler aux nappes phréatiques de surface, répandant leur contenu mortifère dans les terres d’élevage et d’agriculture environnantes, ainsi que dans les sources d’eau potable pour l’alimentation humaine ;

–          Diffusion large de la pollution. Finalement, ces eaux vont se jeter dans l’Orne via la Dieuge et l’Ure, achevant de répandre les polluants dans un rayon le plus large possible, et contaminant tout le bassin de l’Orne.

Le fait que ces risques manifestes n’aient pas été pris en compte et décrits dans l’étude d’impact initiale de GDE, et que les services de l’Etat n’en aient pas mesuré l’importance, montre bien que cette étude d’impact était partiale et partielle, ce qui constitue en soi un motif légitime d’annulation de l’autorisation d’exploiter.

 



[1] Titre de l’article de Ouest-France en date du 18 avril

Le Centre de Stockage de Déchets Ultimes de GDE : Non-Assistance à région en danger! 

LES RISQUES DE POLLUTION

  • Pollution de l’air

–      Gaz produits par la fermentation des produits enfouis : biogaz (Hydrogène sulfuré, Ammoniac, etc.

–      Émanation de poussières

  • Pollution de l’eau

–      Eaux de ruissellement (inondation du site)

–      Les eaux du ru se jettent dans la Dieuge, qui se jette elle-même dans l’Orne, traversant ainsi de nombreuses exploitations agricoles, haras, villages, jusqu’à Ouistreham

–      Pollution des surfaces par l’air, les poussières et l’eau

  • Très importants risques d’incendie impossibles à éteindre avec dégagements de dioxines

 

QUELS DANGERS ?

  • Désagréments sonores, olfactifs :

–      Bruits occasionnés par le trafic des camions, par les engins sur le site (dont le bip de recul), y compris le samedi

–      Odeurs produites par les gaz, souvent bloqués sous un chapeau de brouillard ou envoyés par les vents (dominant ouest). Masquées par des parfums de synthèse très toxiques et dissimulant les dangers

  • Dangers sur la santé des hommes et des animaux :

–      Bruit de l’exploitation extrêmement nocif pour l’équilibre psychique

–      Odeurs nauséabondes insupportables et nocives, souvent bloquées par un brouillard persistant dans notre région ou transportées par les vents dominants d’ouest sur une distance de plus de 15 kilomètres

–      Risques de maladies respiratoires (asthmes entre autres), d’allergies et même de cancers, malformations et risques d’infertilité

–      Même dangers pour les animaux encore amplifiés en cas d’entraînement sportif (qui augmentent la capacité respiratoire donc l’inhalation des produits toxiques), et danger par ingestion de l’herbe et du foin

  • Dangers pour les sols

–      Risque de rendre les terres incultivables (jardins potagers, herbages, cultures)

–      Le lait contiendra de la dioxine, deviendra inconsommable, les exploitants seront ruinés

  • Extrême légèreté des contrôles qui sont pour la plus grande part des auto contrôles fait par GDE lui-même. Idem pour le centre de tri où GDE décidera seul de ce qui doit être enfoui et ce qui doit être retraité

Pour revoir quelques unes des interventions les plus remarquées lors de la conférence du 23 mai au Pin, CLIQUEZ ICI s’il vous plaît.

  • Risques économiques

L’étude d’impact réalisée en novembre 2012 évalue l’impact économique de l’exploitation du Centre de Stockage de GDE :

–      L’impact économique des risques environnementaux et sanitaires liés à cette activité de déchets couterait de 3,8 à 7,4 millions d’euros par an,

–      Les coûts liés à la circulation d’une centaine de camions de transport de déchets par jour est évalué dans une fourchette allant de 2,2 à 11.4 millions d’euros par an,

–      La perte de valeur du patrimoine immobilier avoisinant irait de 26,9 à 82,8 millions d’euros la première année,

–      L’impact sur la Filière Equine serait de 5,8 à 16,1 millions d’euros dès la première année, et 13 à 36,9 millions d’euros ensuite,

–      Et sur le tourisme : de 5 à 20 millions d’euros, avec un pic l’année des Jeux Equestres en 2014 avec une évaluation de 25 à 40 millions d’euros.

La synthèse de l’étude d’impact est disponible ICI.